Merci et bravo à tous pour votre participation. Voici les plus belles "lettres d'amour" qui me sont parvenues... Elles étaient bien sûr toutes très touchantes mais je ne pouvais malheureusement toutes les publier. Sachez que le choix a été difficile.
Je n'ai reçu que deux textes pour le sujet du "jardin de vos souvenirs" et vous pourrez les lire tous les deux.
Je vous laisse donc découvrir ces belles plumes et leurs charmants auteurs et vous souhaite de ressentir le même immense plaisir que m'a procuré la lecture de ces écrits.
Surtout n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de page...
AubaZine Saxett est née en 1962 à La Tronche (38)
et est Adjoint Administratif Territorial au service informatique de la Ville de St-Martin d’Hères de métier.
Sa formation :
- En ateliers d’écriture avec Franck Pavloff, Danielle Maurel-Balmain, Yves Béal.
- Aux Beaux Arts et à Supcréa à GRENOBLE en cours du soir, avec Thierry Cascalès, Fabrice Nesta, Chantal Legendre.
Elle Expose régulièrement ses peintures à St Marcellin, St Martin d’Hères ou Grenoble.
10 Janvier 2008
Je viens à peine de te quitter que tu me manques déjà.
Je ne pense déjà plus qu’à te retrouver, à dérouler infiniment le ruban soyeux de ta peau de lait qui se tend, toute hérissée de frissons délectables qui picotent la pulpe avide de mes doigts.
Sentir palpiter ton ventre contre mon ventre.
Laisser aller ma tête contre ta belle épaule parfaite .
Entendre ton cœur battre plus que la chamade, m’émoustille purement et simplement.
Caresser ta nuque carrée.
Encastrer en cascade une pluie de petits baisers de miel dans ta bouche gourmande.
Détailler du bout de l’index en maraude, les reliefs de tes flancs, sous le pans de ta fine chemise bleu d’azur (tu sais, ma préférée).
Comme tes yeux rieurs fendus à l’instar de ceux d’un chat qui se laisse faire les plissant pareillement de plaisir sous la caresse.
J’ai adoré cette promenade, au soleil, juste toi et moi.
Tes beaux cheveux brillants, flottant au vent sucré de la colline . Ma tête encore toute bourdonnante de nos joutes ardentes de la nuit dernière...
La première, mais pas la dernière, j’espère !!!
Lorsque je guette ton arrivée, dissimulée derrière le rideau de ma fenêtre, sous les grands tilleuls bordant l’allée.
C’est d’abord ton pas élastique dansant entre les ornières, que je reconnais.
Puis je devine le scintillement de ta belle crinière étalée comme une flamme, le mouvement délié de tes longues jambes musclées tendant le tissu de ton jean.
Ton visage levé vers moi me parvient en dernier, le regarde alors deux yeux canailles de feu doux me défiant entre les cils, des lèvres vermeilles et pleines où j’aimerai bientôt me désaltérer goulûment, des joues lisses patinées par le bon air de la campagne, pareilles à deux beaux abricots veloutés à point.
Ton sourire ravageur irradie tout l’ensemble de l’intérieur comme un vrai petit soleil doux.
J’aime tant lorsque tu viens à moi, Amour...
Mais je suis toujours inquiète lorsque tu repars, c’est comme si j’étais privée de lumière.
Les rues ne sont plus si sûres aujourd’hui, je crains la main assassine qui pourrait d’un coup de rasoir trancher ta belle gorge vivante, au fond d’une cour borgne ou croupit une vague flaque d’eau sale, ou sous quelque traître porche sombre.
Je goûte religieusement le bout de tes doigts (ainsi que celui de ta langue.)
© All right reserved Aubazine SaxettNicolas se décrit comme "Homme a tout faire, bon à rien, amoureux de la terre et des hommes"
Nous n'en saurons pas plus mais à en juger par la qualité de sa plume, il est certain que Nicolas est en tout cas un bon écrivain...
A Marie
A Delphine, aussi
Jacinthes
« Je suis désolée, je m'étais endormie. Rentrez. »
Tes cheveux tombaient sur tes épaules d'un chignon à moitié défait et tes yeux étaient encore
« Je fais chauffer de l'eau. »
Mes cheveux étaient trempés. C'était l'automne dernier. J'ai sorti mon violon et j'ai commencé à jouer l'Hiver, de Vivaldi. Etait-ce le souvenir de cette poésie de Verlaine qui avait fait naître en toi le désir d'apprendre à en jouer aussi ? Je n'étais là que pour un cours. Pour voir, avais-tu dit au téléphone.
Tu es revenue t'asseoir à cette petite table de bois vernie, t'asseoir juste en face de moi. Tu regardais l'archet danser sur les cordes et je voyais dans tes yeux s'infiltrer la musique comme
Je vins d'abord une fois par semaine, le mardi. Ce n'était pas un hasard, je le compris un autre
« C'était le mardi. »
Je ne venais que pour une heure, mais souvent dans la rue après le cours l'enseigne lumineuse de la pharmacie me rappelait en chiffres rouges que j'étais resté presque deux heures, parfois trois.
Quand je travaillais pour toi, j'oubliais toutes les montres et les horloges de la terre. Je sentais ton archet plus sûr à chaque séance, plus précis et plus présent aussi. Chaque nouvelle note que tu maîtrisais était pour moi comme une de ces rares fleurs qui viennent parfois avant l'heure. Je t'aidais à peine. Je les écoutais fleurir.
En janvier je devais partir une semaine pour un concert. Je te laissai ce recueil de morceaux que je réserve habituellement à mes deuxième année. Quand je suis revenu, tu savais presque tous les jouer... Je n'en croyais pas mes oreilles !
Mais tu as simplement dit :
« J'étais malade, j'en ai profité. »
Je te proposai alors de venir aussi le jeudi. A la lueur de cet énorme abat-jour en laine disposé dans un coin du salon, je vis tes yeux s'allumer comme deux étoiles. Tu n'as pas répondu tout de suite. Tu m'as d'abord regardé en silence, de tes grands yeux verts couleur de mer. Quand mars arriva tu jouais déjà avec beaucoup de justesse. Je venais le soir, ta lampe n'était pas encore allumée et tu jouais dans la pénombre grise avec, dans tes yeux, quand tu les levais vers moi, un peu de l'orange du ciel au dessus des toits.
En avril devant ta fenêtre tu avais disposé des bulbes de jacinthes dans de larges pots en terre.
« J'ai toujours peur qu'elles se sentent à l'étroit. Il y en a une pour vous... si vous voulez. »
Au vent de mai, bercé par ta musique je regardais flotter le linge sur le balcon d'en face. Des
Aujourd'hui les jacinthes ont grandi, on devine leur couleur à la pointe de leurs boutons. Hier,
C'était le Printemps, de Vivaldi, et déjà je l'aimais. Demain c'est jeudi. Le jeudi aussi aura bientôt sa signification secrète. Ce sera le jour ou je t'aurai remis cette lettre.
Partons sur la mer, n'attendons pas l'hiver.
Auteur : Laurenger
Laurenger se décrit comme un homme qui se cherche et ne sait pas où il habite...
Encore une belle plume qui se veut discrète... Il faut s'habituer, c'est tout ou rien avec les écrivains ;-)
Tu es belle…
Tes yeux, en premier lieu, eux que je passe tant de temps à regarder,
Les yeux ne sont- ils pas les portes de l'âme? Les tiens, en tous
se décline en fonction de la
Ta bouche, bien sûr: tes lèvres qui s'agitent, se caressent,
Il est si beau.... Tu es si belle....
Le reste de ton visage ne me semble qu'harmonie et beauté même si je
Tes cheveux, qui ne me semble pas avoir leur couleur d'origine, ce
Et ton âme, ton coeur, ton être, je ne sais pas quel nom lui donner,
Ce bonheur que tu voudrais pour tous, que tu souhaites nous offrir le
Ces mots que tu sais si bien distiller pour que notre oreille n'y
Cette douceur qui accompagne ces mots mais aussi tes gestes, tes
Cette disponibilité de tous les instants, qui me fait me sentir si
Cette capacité à être dans l'instant présent avec les êtres qui te
Bien sûr d'autres qualités et d'autres beautés vont me sauter aux
© All right reserved Laurenger
Petite artiste en herbe, Romane écrit aussi de très jolis poèmes. Elle partage avec nous une petite lettre d'amour, plus bas vous pourrez lire un autre de ses textes . Pour ne rien vous cacher, nous avons beaucoup en commun... Elle est non seulement ma filleule mais à son âge, tout comme elle, j'aimais déjà écrire des poèmes et de petites histoires, jouer du piano, danser et dessiner... Romane aime les animaux et surtout les chevaux et elle est aussi danseuse. Une petite plume qui ne demande qu'à grandir pour nous charmer encore et encore dans le futur...
Mon amour
Mon amour je ne cesse de penser à toi. Plus que deux longs mois à tenir sans te parler, sans t’écouter, sans te voir. Quand je reviendrai nous pourrons nous marier à l’église. Ce moment si attendu se réalisera dans deux mois quand je serai là, alors là, rien ne nous empêchera ou nous séparera car nous serons unis et ensemble nous réaliserons tout ce que nous avons longtemps attendus…Etre heureux.
Gros bisous, je t’aime très fort, à dans deux mois...
Ton amour Noëmie
© All right reserved Romane Calichon
Auteur : Thierry Testa
Vous connaissez déjà Thierry qui nous avait déjà ravi avec sa plume lors du précédent atelier d'écriture. Vous pouvez le relire et lire à nouveau sa bio en cliquant ICI
Voici un nouveau texte bercé de poésie qui souligne à nouveau la beauté de la plume de Thierry.
Laisse-moi te raconter une histoire…
Pourtant, dans ce monde, vint le jour où, au grès des courants apparut la sirène de son cœur. Stupéfait par son chant pur, promesse de tant d’avenir, l’homme pâle devint alors conquérant. Et ses rêves, richesses malmenées par tant d’années grises, réchauffèrent à nouveau son âme.
Le brouillard de ses yeux se leva, et la route, la seule route possible apparut enfin à son regard : L’île de son cœur… Vers la plage cristalline de ses bras…
Depuis l’homme au regard bleu ne sombre plus. Et du sourire de sa belle, mélange d’écume et de sable rouge, il fait l’essentiel de sa vie. Car l’amour est une perle rare…
Si rare mon amour…
Longtemps j’ai cru avoir trouvé ta lumière, mais je me trompais… Ce n’étais que l’éclat aveuglant d’un équilibre précaire, qui me rendait aveugle. Alors je suis parti et depuis je te cherche et t’attend.
Chaque jour revient sans toi .
L’amour est là pourtant, tout près, mais ce n’est pas le tien. Et la valse des étoiles qui tournent autour de moi me rappelle seulement que tu n’es pas là.
Alors je continue à vivre en regardant malgré moi les couleurs violentes du temps apparaîtrent sur les visages trop longtemps croisés. Je reste assis là, sur les marches d’une maison sans portes ni fenêtres à regarder mes pensées trop grandes emporter mes rêves vers toi…
Parce qu’il y a des rêves si forts mon bel ange, que l’attente de toi devient éternellement brève et si délicieusement vivante. Il n’est plus belle attente ma douleur, ma douceur, que de rêver tes lèvres sur les miennes et m’en souvenir encore en te cherchant dans la ville.
Mon âme est forte et je crois encore aux trésors sous les arcs-en-ciel. Laisse-moi encore y croire… Laisse-moi encore croire que là-haut sur ta montagne de beauté, les étoiles brillent un peu pour moi.
Laisse-moi croire que l’ombre violette de tes yeux puisse un jour étendre sa lumière mauve sur mon visage.
Laisse-moi croire que mes jours se dérouleront en la caresse chaude de nos corps qui se touchent.
Laisse-moi croire…
Peut-être un jour, je deviendrai à mon tour cet homme pâle sans route sur la mer de bitume. Je commencerai alors à me vider de toi et j’arrêterai de donner en pâture mes sentiments.
Ce jour-là, mon cœur fatigué de te parler des moments rêvés, plongera lentement dans un lac de regrets. Je continuerai à rire, à chanter, mais je perdrai à jamais mon éternité… Ma part d’éternité près de toi.
Il me restera le cercle rouge du soleil qui s’étire, le vent chaud qui déplace les dunes et l’éclat si doux de ton sourire… Je t’aime…
© All right reserved Thierry TestaVoici à présent les deux textes sur le thème du Jardin de vos souvenirs
Auteur : Frédéric Calichon
Vous pouvez visiter son site ICI
Artiste peintre, je me souviens qu'adolescent déjà il écrivait de fabuleux poèmes... Mais où sont-ils tous ces vers que tu nous caches Fred ? En attendant de les lire, régalons-nous de ton texte.
Le parfum des souvenirs
Quand vient l’été, que les foins sont secs ; quand vient la chaleur et que les paysans fanent, alors vient le temps des odeurs et des parfums enivrants.
Lorsque vient ce temps, plus rien n’existe, plus rien, si ce n’est mon nez, mes papilles et mes sens.
Ces parfums, ces essences qui viennent et qui deviennent
moi. Ces effluves de souvenirs qui m’envahissent, par vagues successives, qui me prennent tout entier, de la tête aux pieds. Passant par le cœur bouillonnant, bondissant à chaque saveur et qui je le sais, jamais pour mon plus grand bonheur, ne vont me quitter.
Je vais les conserver, les choyer, les apprivoiser, chaque été les revisiter, les laisser me hanter tout le reste de l’année, pour mieux les retrouver.
Je vais les laisser me marquer, me tatouer, dans les abîmes de mon âme et s’ancrer au plus profond de mon être, pour que jamais aucun des aromes ne s’éclipsent, ni se diluent.
Mais au contraire, je veux que ce goût enfle, se multiplie, déborde, jusqu’à l’ivresse, jusqu’au saoul, jusqu’à plus soif, sans jamais me rassasier, sans satiété, jusqu’à m’envahir tout entier et me posséder, pour que le temps d’un court inst
ant, instant craintif, instant présent, infiniment furtif, si infini pourtant, pour que cette molécule de saveur permette à mon esprit de se remémorer chaque été ...
…ce moment de bonheur de mon enfance…
… Je vois l’été, les foins coupés, étalés, prêt à être fanés puis bottelés, soleil et vent du sud, et devant les bœufs et les chars à foin, je vois ce petit garçon dans l’herbe sèche, riant aux éclats, de bonheur, cheveux de paille et paille d’herbe.
Je vois l’amour que l’enfant a, à engranger toutes ces senteurs.
Je sais le plaisir qu’il trouvera à cultiver cela, à voir grandir tous les parfums de ses souvenirs.
Auteur : AubaZine Saxett
dont la bio est décrite ci-dessus à côté de son premier texte.
Merci à toi pour ce très joli poème qui décrit, m'as-tu dit "ton jardin secret".
AU-DELÀ…
S'immisce dans le sol pailleté,
Devenu moelleux.
Voici nos contrées Opalines !
Enfin, je rejoins mon Territoire.
De hautes herbes, fines aiguilles
D'éponge douce, se couchent, feutrées,
Sous mes pieds nus,
Qui les foulent.
J'avance lentement,
Comme sous l'eau.
Courtisant l'abîme,
La veine verte, de rouilles
Et d'émeraudes confondues,
Serpente à l'infini.
Au-dessous, dans un ciel cuivré,
Naissent des traces fugaces,
De lumières ocre rouge et grenat.
Contre ma vitre, la pluie dégoutte.
Soudain, tu apparais.
Tes yeux obliques,
Tendus de cristaux de pur jade.
Qui donc es-tu ?
Transparence ou reflet ?
Mirage d'un rêve évaporé ?
Opalescence irisée, mouvance fluide.
Adviennent, de tacites interrogations furtives.
Ta main, touche ma main :
Je frissonne.
Ton sourire énigmatique, est celui du Chat du Cheshire…
La petite Romane a également participé et nous offre un souvenir du jardin de son coeur
Mon troisième petit bonheur.
Après de nombreux kilomètres dans la montagne, nous sommes arrivés pour aller choisir cette merveille de cinq jours. Le destin nous avait enlevé notre matou bien aimé. Quand nous dûmes choisir parmi ces quatre chatons qui étaient tous aussi beau, nous avons craqué pour cette petite chatte tricolore, elle était la seule à avoir l’œil gauche ouvert au centre d’une tache marron.
© All right reserved Romane Calichon






