31 janvier 2008

Atelier d'écriture du mois de janvier 2008 : Les résultats !

Merci et bravo à tous pour votre participation. Voici les plus belles "lettres d'amour" qui me sont parvenues... Elles étaient bien sûr toutes très touchantes mais je ne pouvais malheureusement toutes les publier. Sachez que le choix a été difficile.
Je n'ai reçu que deux textes pour le sujet du "jardin de vos souvenirs" et vous pourrez les lire tous les deux.

Je vous laisse donc découvrir ces belles plumes et leurs charmants auteurs et vous souhaite de ressentir le même immense plaisir que m'a procuré la lecture de ces écrits.
Surtout n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de page...

Auteur : Aubazine Saxett

AubaZine Saxett est née en 1962 à La Tronche (38). Elle vit à Brignoud (38)
et est Adjoint Administratif Territorial au service informatique de la Ville de St-Martin d’Hères de métier. Puis, poétesse rustique et
baroque, peintre, infographiste, photographe amateur, mère de famille, le reste de son temps...
Sa formation :

- En ateliers d’écriture avec Franck Pavloff, Danielle Maurel-Balmain, Yves Béal.
-
Aux Beaux Arts et à Supcréa à GRENOBLE en cours du soir, avec Thierry Cascalès, Fabrice Nesta, Chantal Legendre.
Elle Expose régulièrement ses peintures à St Marc
ellin, St Martin d’Hères ou Grenoble.
Certains de ses poèmes o
nt été publiés dans les revues Bacchanales (38) et Comme en Poésie (40) et bientôt dans le revue Décharges (89).
Elle aime particulièrement juxtaposer des mots ina
ttendus et ciselés pour tisser des ambiances de sensations et de couleurs, comme des instantanés oniriques puisés dans son quotidien et/ou dans son imagination.

10 Janvier 2008

Mon Angelot Doré,

Je viens à peine de te quitter que tu me manques déjà.
Je ne pense déjà plus qu’à te retrouver, à dérouler infiniment le ruban soyeux de ta peau de lait qui se tend, toute hérissée de frissons délectables qui picotent la pulpe avide de mes doigts.
Sentir palpiter ton ventre contre mon ventre.
Laisser aller ma tête contre ta belle épaule parfaite .
Entendre ton cœur battre plus que la chamade, m’émoustille purement et simplement.
Caresser ta nuque carrée.
Encastrer en cascade une pluie de petits baisers de miel dans ta bouche gourmande.
Détailler du bout de l’index en maraude, les reliefs de tes flancs, sous le pans de ta fine chemise bleu d’azur (tu sais, ma préférée).
Comme tes yeux rieurs fendus à l’instar de ceux d’un chat qui se laisse faire les plissant pareillement de plaisir sous la caresse.
J’ai adoré cette promenade, au soleil, juste toi et moi.
Tes beaux cheveux brillants, flottant au vent sucré de la colline . Ma tête encore toute bourdonnante de nos joutes ardentes de la nuit dernière...
La première, mais pas la dernière, j’espère !!!
Lorsque je guette ton arrivée, dissimulée derrière le rideau de ma fenêtre, sous les grands tilleuls bordant l’allée.
C’est d’abord ton pas élastique dansant entre les ornières, que je reconnais.
Puis je devine le scintillement de ta belle crinière étalée comme une flamme, le mouvement délié de tes longues jambes musclées tendant le tissu de ton jean.
Ton visage levé vers moi me parvient en dernier, le regarde alors deux yeux canailles de feu doux me défiant entre les cils, des lèvres vermeilles et pleines où j’aimerai bientôt me désaltérer goulûment, des joues lisses patinées par le bon air de la campagne, pareilles à deux beaux abricots veloutés à point.
Ton sourire ravageur irradie tout l’ensemble de l’intérieur comme un vrai petit soleil doux.

J’aime tant lorsque tu viens à moi, Amour...

Mais je suis toujours inquiète lorsque tu repars, c’est comme si j’étais privée de lumière.
Les rues ne sont plus si sûres aujourd’hui, je crains la main assassine qui pourrait d’un coup de rasoir trancher ta belle gorge vivante, au fond d’une cour borgne ou croupit une vague flaque d’eau sale, ou sous quelque traître porche sombre.

Prends bien soin de toi Amour, reviens-moi bien vite tout chaud, pour que je puisse encore me perdre dans ta moëlleuse douceur, puis te jeter tout frémissant dans le creux de mon lit où j’espère te voir me rejoindre encore infiniment.

À toi Amour...

Je goûte religieusement le bout de tes doigts (ainsi que celui de ta langue.)

© All right reserved Aubazine Saxett


Auteur : Nicolas Faivre

Nicolas se décrit comme "Homme a tout faire, bon à rien, amoureux de la terre et des hommes"

Nous n'en saurons pas plus mais à en juger par la qualité de sa plume, il est certain que Nicolas est en tout cas un bon écrivain...



A Marie

A Delphine, aussi

Jacinthes


C'était un soir d'automne, j'allais au 6 rue des Roses. La pluie battait le trottoir. Dans le hall de l'immeuble je dus sortir mon cahier, sur lequel j'avais noté ton nom, pour savoir à quel porte frapper. Cinquième étage. A côté de la sonnette je trouvai ce drôle de mot que tu as retiré depuis : vous pouvez toujours appuyer, je ne sonne plus. Alors je frappai, doucement. Aucune réponse. Je frappai donc un peu plus fort, mais tu devais déjà m'avoir entendu puisque tu ouvris presqu'aussitôt.
« Je suis désolée, je m'étais endormie. Rentrez. »
Tes cheveux tombaient sur tes épaules d'un chignon à moitié défait et tes yeux étaient encore gonflés de sommeil. Tu m'as fait asseoir dans le salon et tu as dit:
« Je fais chauffer de l'eau. »
Mes cheveux étaient trempés. C'était l'automne dernier. J'ai sorti mon violon et j'ai commencé à jouer l'Hiver, de Vivaldi. Etait-ce le souvenir de cette poésie de Verlaine qui avait fait naître en toi le désir d'apprendre à en jouer aussi ? Je n'étais là que pour un cours. Pour voir, avais-tu dit au téléphone.

Tu es revenue t'asseo
ir à cette petite table de bois vernie, t'asseoir juste en face de moi. Tu regardais l'archet danser sur les cordes et je voyais dans tes yeux s'infiltrer la musique comme une rivière qui se jette dans la mer. Au loin, j'entendais se rapprocher le chuchotement de la bouilloire. Elle se mit soudain à siffler et la mer disparut. Ce soir là j'avais déjà compris qu'il y aurait d'autres cours, d'autres jours.
Je vins d'abord une fo
is par semaine, le mardi. Ce n'était pas un hasard, je le compris un autre soir. Je m'étais arrêté, avant de partir, devant l'étagère pour y regarder cette photo de toi petite fille sur un vélo que ton père retient de tomber. Tu m'as dit :
« C'était le mardi. »
Je ne venais que pour une heure, mais souvent dans la rue après le cours l'enseigne lumineuse de la pharmacie me rappelait en chiffres rouges que j'étais resté presque deux heures, parfois trois.
Quand je travaillais pour toi, j'oubliais toutes les montres et les horloges de la terre. Je sentais ton archet plus sûr à chaque séance, plus précis et plus présent aussi. Chaque nouvelle note que tu maîtrisais était pour
moi comme une de ces rares fleurs qui viennent parfois avant l'heure. Je t'aidais à peine. Je les écoutais fleurir.
En janvier je devais partir une semaine pour un concert. Je te laissai ce recueil de morceaux que je réserve habituelleme
nt à mes deuxième année. Quand je suis revenu, tu savais presque tous les jouer... Je n'en croyais pas mes oreilles !
Mais tu as simplement dit :
« J'étais malade, j'e
n ai profité. »
Je te proposai alors de v
enir aussi le jeudi. A la lueur de cet énorme abat-jour en laine disposé dans un coin du salon, je vis tes yeux s'allumer comme deux étoiles. Tu n'as pas répondu tout de suite. Tu m'as d'abord regardé en silence, de tes grands yeux verts couleur de mer. Quand mars arriva tu jouais déjà avec beaucoup de justesse. Je venais le soir, ta lampe n'était pas encore allumée et tu jouais dans la pénombre grise avec, dans tes yeux, quand tu les levais vers moi, un peu de l'orange du ciel au dessus des toits.
En avril devant ta fenêtre tu avais disposé des bulbes de jacinthes dans de larges pots en terre.
« J'ai toujours peur q
u'elles se sentent à l'étroit. Il y en a une pour vous... si vous voulez. »
Au vent de mai, bercé par ta musique je regardais flotter le linge sur le balcon d'en face. Des vêtements bleus et des draps blancs, des voiles sur la mer, toujours la même.
Aujourd'hui les jacinthes ont grandi, on devine leur couleur à la pointe de leurs boutons. Hier, alors que je ne t'avais encore rien demandé, tu as pris ton violon et tu as commencé à jouer.
C'était le Printem
ps, de Vivaldi, et déjà je l'aimais. Demain c'est jeudi. Le jeudi aussi aura bientôt sa signification secrète. Ce sera le jour ou je t'aurai remis cette lettre.
Partons sur la mer, n'attendons pas l'hiver. Emmenons les jacinthes avec nous.

© All right reserved Nicolas Faivre


Auteur : Laurenger

Laurenger se décrit comme un homme qui se cherche et ne sait pas où il habite...

Encore une belle plume qui se veut discrète... Il faut s'habituer, c'est tout ou rien avec les écrivains ;-)



Tu es belle…

Facile à dire, un peu court aurait dit Cyranno ... Pourquoi donc est-ce que je te trouve si belle?
Tes yeux, en prem
ier lieu, eux que je passe tant de temps à regarder, à admirer, à contempler, peut être même à pénétrer....
Les yeux ne sont- ils pas les portes de l'âme? Les tiens, en tous cas, je les adore, ce bleu changeant qui

se décline en fonction de la lumière, mais aussi de Ta lumière, j'ai même découvert récemment tes yeux colères, tes yeux de guerrières????? Je les aime tous quand ils se fondent dans ce regard lumineux et clair, quand ils brillent de bonheur, quand ils s'éloignent vers un rêve, une pensée, quand ils se fâchent, quand ils sont tristes.... et quand ils rient!!!!! (pas encore assez souvent)

Ta bouche, bien sûr: tes lèvres qui s'agitent, se caressent, s'éloignent et se rapprochent en permanence, je les trouve si belles que souvent j'aimerais pouvoir leur offrir la caresse de mes lèvres... Ton sourire qui éclaire tout ton visage après presque chacune de tes phrases, regarde toi dans une glace quand tu souris vraiment, et toi même tu ne pourras pas y résister...
Il est si beau.... Tu es si belle....

Le reste de ton visage ne me semble qu'harmonie et beauté même si je dois reconnaître que je ne me souviens pas l'avoir regardé avec une attention particulière, mais c'est l'image que j'en ai....

Tes cheveux, qui ne me semble pas avoir leur couleur d'origine, ce matin quand tu les brossais et que tu essayais de leur donner un aspect différent avec tes mains, je les aurais bien attrapés, mélangés, triturés, caressés, embrassés..... Ce sont eux qui te donnent cet air trop sage, qui encadrent si bien ce visage, de petit ange... et qui incitent les yeux à aller jusqu'à leurs pointes et qui nous offrent cette vue plongeante sur tes seins que tu sais si bien mettre en valeur dans leur petit nid douillet, deux oeufs qui semblent si fragiles et si doux, qui nous sont à la fois offerts et cachés et qui semblent si beaux à l'image du personnage.... Tu es si belle....

Et ton âme, ton coeur, ton être, je ne sais pas quel nom lui donner, cet intérieur dont la beauté est cent fois supérieur à ce reflet si beau que tu offres à nos yeux....
Ce bonheur que tu voud
rais pour tous, que tu souhaites nous offrir le plus souvent possible, même quand, au fond de toi, la pluie est au rendez-vous...
Ces mots que tu sais si bien distiller pour que notre oreille n'y entende que le beau de ce monde, et qu'elle rêve à un au delà encore meilleur...
Cette douceur qui accompagne ces mots mais aussi tes gestes, tes pensées, ton regard, ta voix.....
Cette disponibilité de tous les instants, qui me fait me sentir si bien auprès de toi.....
Cette capacité à être dans l'instant prés
ent avec les êtres qui te côtoient, malgré tes soucis, tes souffrances, tes envies d'ailleurs, ta fatigue, ta peine....Tu es si belle....

Bien sûr d'autres qualités et d'autres beautés vont me sauter aux yeux quand je t'aurai envoyé cette lettre, alors j'essaierai de te les dire une prochaine fois, mais parler est encore plus dur qu'écrire alors, ma toute belle, quand je repense à ce que tu m'as dit sur ton enfance, je comprends mieux cette timidité, cette hésitation sur tes qualités, sur ta beauté, je te le redis, moi qui me ment à moi même parce que je ne sais pas et ne veux pas mentir aux autres: Tu es belle, vraiment belle...... et c'est toujours un vrai bonheur de pouvoir côtoyé et profité de tant de beautés....... Mais si, TU ES BELLE......


©
All right reserved Laurenger


Auteur : Romane Calichon (10 ans)

Petite artiste en herbe, Romane écrit aussi de très jolis poèmes. Elle partage avec nous une petite lettre d'amour, plus bas vous pourrez lire un autre de ses textes . Pour ne rien vous cacher, nous avons beaucoup en commun... Elle est non seulement ma filleule mais à son âge, tout comme elle, j'aimais déjà écrire des poèmes et de petites histoires, jouer du piano, danser et dessiner... Romane aime les animaux et surtout les chevaux et elle est aussi danseuse. Une petite plume qui ne demande qu'à grandir pour nous charmer encore et encore dans le futur...


Mon amour

Mon amour je ne cesse de penser à toi. Plus que deux longs mois à tenir sans te parler, sans t’écouter, sans te voir. Quand je reviendrai nous pourrons nous marier à l’église. Ce moment si attendu se réalisera dans deux mois quand je serai là, alors là, rien ne nous empêchera ou nous séparera car nous serons unis et ensemble nous réaliserons tout ce que nous avons longtemps attendus…Etre heureux.

Gros bisous, je t’aime très fort, à dans deux mois...

Ton amour Noëmie

© All right reserved Romane Calichon



Auteur : Thierry Testa

Vous connaissez déjà Thierry qui nous avait déjà ravi avec sa plume lors du précédent atelier d'écriture. Vous pouvez le relire et lire à nouveau sa bio en cliquant ICI

Voici un nouveau texte bercé de poésie qui souligne à nouveau la beauté de la plume de Thierry.

Laisse-moi te raconter une histoire…

Il était une fois, dans un monde trouble, des mers grises qui reflétaient la triste lueur du jour. Là, sur le navire chaotique de sa vie, était un homme pâle, prisonnier des vents silencieux et nomade du temps qui passe.
Pourtant, dans ce monde, vint le jour où, au grès des courants apparut la sirène de son cœur. Stupéfait par son chant pur, promesse de tant d’avenir, l’homme pâle devint alors conquérant. Et ses rêves, richesses malmenées par tant d’années grises
, réchauffèrent à nouveau son âme.
Le brouillard de ses yeux se leva, et la route, la seule route possible apparut enfin à son regard : L’île de son cœur… Vers la plage cristalline de ses bras…
Depuis l’homme au regard bleu ne sombre plus. Et du sourire de sa belle, mélange d’écume et de sable rouge, il fait l’essentiel de sa vie. Car l’amour est une perle rare…
Si rare mon amour…


Longtemps j’ai cru avoir trouvé ta lumière, mais je me trompais… Ce n’étais que l’éclat aveuglant d’un équilibre précaire, qui me rendait aveugle. Alors je suis parti et depuis je te cherche et t’attend.
Chaque jour revient sans toi .
L’amour est là pourtant, tout près, mais ce n’est pas le tien. Et la valse des étoiles qui tournent autour de moi me rappelle seulement que tu n’es pas là.
Alors je continue
à vivre en regardant malgré moi les couleurs violentes du temps apparaîtrent sur les visages trop longtemps croisés. Je reste assis là, sur les marches d’une maison sans portes ni fenêtres à regarder mes pensées trop grandes emporter mes rêves vers toi…
Parce qu’il y a des rêves si forts mon bel ange, que l’attente de toi devient éternellement brève et si délicieusement vivante. Il n’est plus belle attente ma douleur, ma douceur, que de rêver tes lèvres sur les miennes et m’en souvenir encore en te cherchant dans la ville.
Mon âme est forte et je crois encore aux trésors sous les arcs-en-ciel. Laisse-moi encore y croire… Laisse-moi encore croire que là-haut sur ta montagne de beauté, les étoiles brillent un peu pour moi.

Laisse-moi croire que l’ombre violette de tes yeux puisse un jour étendre sa lumière mauve sur mon visage.
Laisse-moi croire que mes jours se dérouleront en la caresse chaude de nos corps qui se touchent.
Laisse-
moi croire…
Peut-être un jour, je deviendrai à mon tour cet homme pâle sans route sur la mer de bitume. Je commencerai alors à me vider de toi et j’arrêterai de donner en pâture mes sentiments.
Ce jour-là, mon cœur fatigué de te parler des moments rêvés, plongera lentement dans un lac de regrets. Je continuerai à rire, à chanter, mais je perdrai à jamais mon éternité… Ma part d’éternité près de toi.

Il me restera le cercle rouge du soleil qui s’étire, le vent chaud qui déplace les dunes et l’éclat si doux de ton sourire… Je t’aime…

© All right reserved Thierry Testa


Voici à présent les deux textes sur le thème du Jardin de vos souvenirs


Auteur : Frédéric Calichon

Vous pouvez visiter son site ICI

Artiste peintre, je me souviens qu'adolescent déjà il écrivait de fabuleux poèmes... Mais où sont-ils tous ces vers que tu nous caches Fred ? En attendant de les lire, régalons-nous de ton texte.


Le parfum des souvenirs

Quand vient l’été, que les foins sont secs ; quand vient la chaleur et que les paysans fanent, alors vient le temps des odeurs et des parfums enivrants.

Lorsque vient ce temps, plus rien n’existe, plus rien, si ce n’est mon nez, mes papilles et mes sens.

Ces parfums, ces essences qui viennent et qui deviennent

moi. Ces effluves de souvenirs qui m’envahissent, par vagues successives, qui me prennent tout entier, de la tête aux pieds. Passant par le cœur bouillonnant, bondissant à chaque saveur et qui je le sais, jamais pour mon plus grand bonheur, ne vont me quitter.

Je vais les conserver, les choyer, les apprivoiser, chaque été les revisiter, les laisser me hanter tout le reste de l’année, pour mieux les retrouver.

Je vais les laisser me marquer, me tatouer, dans les abîmes de mon âme et s’ancrer au plus profond de mon être, pour que jamais aucun des aromes ne s’éclipsent, ni se diluent.

Mais au contraire, je veux que ce goût enfle, se multiplie, déborde, jusqu’à l’ivresse, jusqu’au saoul, jusqu’à plus soif, sans jamais me rassasier, sans satiété, jusqu’à m’envahir tout entier et me posséder, pour que le temps d’un court inst

ant, instant craintif, instant présent, infiniment furtif, si infini pourtant, pour que cette molécule de saveur permette à mon esprit de se remémorer chaque été ...

…ce moment de bonheur de mon enfance…

… Je vois l’été, les foins coupés, étalés, prêt à être fanés puis bottelés, soleil et vent du sud, et devant les bœufs et les chars à foin, je vois ce petit garçon dans l’herbe sèche, riant aux éclats, de bonheur, cheveux de paille et paille d’herbe.

Je vois l’amour que l’enfant a, à engranger toutes ces senteurs.

Je sais le plaisir qu’il trouvera à cultiver cela, à voir grandir tous les parfums de ses souvenirs.

© All right reserved Frédéric Calichon

Auteur : AubaZine Saxett

dont la bio est décrite ci-dessus à côté de son premier texte.
Merci à toi pour ce très joli poème qui décrit, m'as-tu dit "ton jardin secret".

AU-DELÀ…

La sève amande épaisse,
S'immisce dans le sol pailleté,
Devenu moelleux.
Voici nos contrées Opalines !
Enfin, je rejoins mon Territoire.
De hautes herbes, fines aiguilles
D'éponge douce, se couchent, feutrées,
Sous mes pieds nus,
Qui les foulent.
J'avance lentement,
Comme sous l'eau.


Courtisant l'abîme,
La veine verte, de rouilles
Et d'émeraudes confondues,
Serpente à l'infini.
Au-dessous, dans un ciel cuivré,
Naissent des traces fugaces,
De lumières ocre rouge et grenat.
Contre ma vitre, la pluie dégoutte.
Soudain, tu apparais.
Tes yeux obliques,
Tendus de cristaux de pur jade.
Qui donc es-tu ?
Transparence ou reflet ?
Mirage d'un rêve évaporé ?
Opalescence irisée, mouvance fluide.
Adviennent, de tacites interrogations furtives.


Ta main, touche ma main :
Je frissonne.
Ton sourire énigmatique, est celui du Chat du Cheshire…

© All right reserved Aubazine Saxett


La petite Romane a également participé et nous offre un souvenir du jardin de son coeur





Mon troisième petit bonheur.

Après de nombreux kilomètres dans la montagne, nous sommes arrivés pour aller choisir cette merveille de cinq jours. Le destin nous avait enlevé notre matou bien aimé. Quand nous dûmes choisir parmi ces quatre chatons qui étaient tous aussi beau, nous avons craqué pour cette petite chatte tricolore, elle était la seule à avoir l’œil gauche ouvert au centre d’une tache marron. Cependant, en attendant les deux longs mois, notre matou Théo était revenu ! Malgré cela nous sommes quand même allés chercher la petite chatte. Ensuite, revenu à la maison avec elle, il fallait la présenter à Théo, le chat et Thalie, la chienne. Au début Théo lui soufflait dessus et lui mettait des coups de griffes quant à la chienne elle l’aurait volontiers croqué. Mais avec du temps et de la patience, ils devinrent amis et même très amis. Depuis ce jour nous vivons avec trois petits bonheurs, un chien et deux chats et je me réveille tous les matins grâce à ma petite chatte Châtaigne qui confond mes orteils avec une souris…


©
All right reserved Romane Calichon

17 janvier 2008

Encore un peu de poésie...

Je ne me lasse pas de lire et de relire l'Offrande Lyrique de Rabindranath Tagore. Tout à l'heure alors que j'ouvrais une page au hasard, je tombais sur ce petit texte que je trouve magnifique...
Je ne peux donc résister à l'envie de le partager avec vous. Merci aux éditions Gallimard.

"Délivrance n'est pas pour moi dans le renoncement. Je sens l'étreinte de la liberté dans un million de liens de délices.
Emplissant à l'excès ce calice d'argile, toi, toujours tu verses pour moi le flot frais de ton vin aux multiples couleurs et parfums.
Mon univers allumera ses cent diverses lampes à ta flamme et devant l'autel de ton temple les placera.
Non ! Je ne vous fermerai jamais, porte de mes sens ! Les délices du voir, de l'ouïr et du toucher comporteront ton délice.
Oui, mes illusions brûleront toutes en une illumination de joie et mes désirs mûriront tous en fruits d'amour."

Dans ce poème, Tagore s'adresse ici encore à Dieu. C'est pourquoi il parle de renoncement. Renoncer à l'illusion du monde permet de trouver l'illumination de la Vérité (les fans de Matrix retrouveront ici la quête de Neo).
Ce texte me fait penser à la philosophie tantrique dans laquelle la connaissance des sens (en terme de conscience) est une porte ouverte vers l'illumination et donc vers la liberté, la délivrance...
Cela me laisse songeuse...

16 janvier 2008

La structure d'un récit

Pour vous en parler un peu je m'inspirerai des travaux de Joseph Campbell, écrivain, mythologue et anthropologue américain.
Tout récit a pour origine un grand mythe qui selon la définition du Petit Robert est "une histoire fabuleuse qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine." Aussi dans toute histoire, nous retrouvons toujours quelques aspects structurels présents dans les mythes ou les contes de fées. Joseph Campbell, s'inspirant des travaux de Vladimir Propp et de C.G. Jung et étudiant les mythes du monde entier a montré dans son ouvrage "le héros aux mille visages" que " leur force et leur permanence étaient dues à la répétition d'une même histoire déclinée à l'infini sur des variations multiples."
Il existe donc sept fonctions pyschologiques communes à chacun d'entre nous, soit sept types communs de personnages.
Une lecture psychanalytique junguienne permet de montrer que ces sept personnages archétypiques sont la métaphore d'une seule et même figure archétypique, l'homme, parti en quête, et ses différentes facettes.
Ce sont ces différentes figures de nous-mêmes que nous allons chercher lorsque nous lisons une histoire. Ceci nous amène toujours plus en avant dans la quête de nous-même tout au long de notre vie.
Toute histoire commence toujours par une quête. On quitte un monde familier pour aller vers l'inconnu, vers l'autre, vers l'objet de notre quête. On se déplace. Le héros part de chez lui pour aller vers des aventures, succombant à un désir, mu par le souhait de combler un manque, une nécéssité. Ce peut-être la recherche de l'amour, de l'argent, de la reconnaissance sociale ou encore l'ambition, le travail, la maladie...etc.
Ce voyage est de toute façon symbolique. Nul besoin de se déplacer très loin.
Le voyage commence dès lors que l'ordinaire bascule vers l'extraordinaire.
Ce voyage sera long, parfois périlleux, mais toujours avec le but de ramener l'objet de la quête.

Vous pourrez trouver de nombreuses explications sur le fonctionnement du déroulement d'une histoire dans l'excellent livre de Christopher Vogler "The Writer's Journey : Mythic Structures for Writers" traduit en en français sous le titre "Le Guide du Scénariste".

Je détaillerai pour vous les septs archétypes dans un prochain article.

Je terminerai avec une citation de Joseph Campbell :
"Lorsque tu poursuivras ton bonheur, des portes s'ouvriront où tu ne pensais pas en trouver, et où il n'y aurait pas de porte pour un autre."

12 janvier 2008

Pensée du tout petit matin...

"Il y a des moments de la vie où une sorte de beauté naît de la multiplicité des ennuis qui nous assaillent..." Marcel Proust

08 janvier 2008

Atelier d'écriture du mois de janvier 2008

Comme promis voici les nouveaux sujets de notre atelier d'écriture en ligne. Je publierai les meilleurs textes en espérant que vous soyez nombreux à participer.
Je vous convie à revoir les quelques règles et conseils sur les textes ici.

Je vous avais promis deux thèmes pour vous donner un peu plus de liberté et permettre à votre créativité de s'exprimer.
Vous pouvez écrire sur l'un ou l'autre sujet ou sur les deux si vous en avez envie.
Les textes ne devraient pas faire plus d'une page (une page et demie maximum) au format .doc ou .pdf. N'oubliez pas de signer vos oeuvres.

Le premier sujet :
"Ecrire une lettre d'amour"
Je pense en effet qu'il faut remettre la lettre d'amour au goût du jour... En avez-vous beaucoup reçu dans votre vie ? Si c'est le cas, vous êtes parmi les plus chanceux. Je crois en effet que notre société de l'"avoir" nous oublie un peu dans ce que nous savons "être" en toute simplicité dans les profondeurs de nos coeurs. Ecrire une lettre d'amour c'est aller chercher pour l'être aimé ce qui nous fait vibrer, ce qui nous émeut en sa présence et lui donner cela comme un joyau de notre être.

Le deuxième sujet :
"Décrire un jardin de nos souvenirs"
Nous avons tous un jardin dans notre enfance ou même aujourd'hui, que nous avons aimé, que nous aimons et qui pour nous est chargé de souvenirs, de senteurs, de joies et de plaisirs... Pourquoi le jardin ? Parce que c'est frais, c'est beau, ça sent bon... et que c'est un peu le jardin de votre coeur qui s'ouvrira sur ce jardin de vos souvenirs...

Vous pensez sans doute que je parle souvent du coeur mais comme le disait Jean Cocteau, "écrire est un acte d'amour"... oui et pas seulement lorsque l'on parle de choses belles mais aussi pour parler de la souffrance, de la peur ou de la peine. Si vous écrivez avec le coeur, alors le lecteur vous lira avec le sien.

A VOS PLUMES !!!!!

ps : Vous n'avez pas besoin d'être un auteur averti ou confirmé pour participer à cet atelier. Mon professeur de dessin préféré dit que nous savons tous dessiner...du moment que nous savons tenir un crayon. Et bien il en est de même pour l'écriture, si vous savez tenir un crayon (ou un clavier!) vous savez écrire. Il vous suffit seulement d'oser.

Au plaisir de vous lire...

Adressez vos textes avant le 27 janvier à joyofwriting@orange.fr

01 janvier 2008

Mes voeux...

En ce premier jour de l'année, je viens à mon tour vous souhaiter l'accomplissement de tous vos rêves même les plus fous...
Que la Vie soit douce avec vous et qu'elle vous comble de ses bienfaits à chaque instant.
Puissions-nous tous grandir un peu plus en conscience cette année encore.

Et enfin, je voulais partager avec vous "Le Secret" avec ce petit film.

Une belle, abondante, magnifique, lumineuse et joyeuse année 2008!

In this first day of the year, It is my turn to wish you the accomplishment of all your dreams even the craziest...
May Life be sweet with you and fills you up with all its good things at every moment.
May we all grow up a little more in consciousness this year again.

And at last, I'd like to share with you "The Secret"with this little film.

A beautiful, abundant, magnificent, luminous and joyous year 2008!


video

Voici la traduction des messages de ce petit film...
"Un cadeau de la part du Secret pour une personne vraiment spéciale
Le secret pour toi
Aujourd'hui est le commencement de ma nouvelle vie
Je recommence tout aujourd'hui
Toutes les bonnes choses viennent à moi aujourd'hui
Je suis reconnaissant(e) d'être vivant(e)
Je vois la beauté tout autour de moi
Je vis avec passion et avec dessein
Je prends le temps de rire et de jouer chaque jour
Je suis éveillé(e), plein(e) d'énergie et vivant(e)
Je me concentre sur toutes les bonnes choses de la vie
Et je remercie pour elles
Je suis en paix et un(e) avec toutes choses
Je ressens l'amour, la joie et l'abondance
Je suis libre d'être moi-même
Je suis la magnificence sous forme humaine
Je suis la perfection de la vie
Je suis reconnaissant(e) d'être...
Moi
Aujourd'hui est le meilleur jour de ma vie."